Voyage à “Crackoland” 

IMG_4434Vendredi après-midi, 15h. J’ai rendez-vous chez les Missionnaires de la Charité pour aller visiter une vieille dame que les sœurs ont rencontrée et qui souhaite se confesser.
Cette dame habite dans un lieu un peu reculé de la paroisse, situé sous un viaduc. Après une quinzaine de minutes de marche, nous entrons dans un “beco”, petite ruelle trop étroite pour laisser passer même une moto.
Sœur Maria-Ivania est notre guide, c’est elle qui connaît le mieux cette partie du quartier. Du haut de son mètre cinquante, cette religieuse mexicaine me sourit et m’annonce de sa petite voix : “Padre, ici c’est Crackoland !” Nous arrivons sur une petite place, où trône une benne à ordures. D’un côté, le dealer de crack, drogue dérivée de la cocaïne, parmi les plus dangereuses. De l’autre, des silhouettes qui se shootent, des corps étendus sur les immondices…
Nous traversons ce champ de ruines, et après quelques dizaines de mètres, arrivons chez Dona Serafina, 82 ans, qui nous accueille avec un grand sourire. Elle ne sort plus guère de chez elle, et vit avec des neveux touchés eux aussi par la drogue. Elle reçoit le sacrement du pardon et le sacrement des malades, qui l’aidera à garder les yeux fixés sur Jésus dans son quotidien difficile.
En sortant de chez elle, je rejoins les sœurs qui m’attendent un peu plus loin. Elles me montrent un “cadeau” qui vient de leur être fait : un morceau de papier contenant un peu de cannabis en poudre. L’homme qui leur a donné sort de prison, où il avait été enfermé pour meurtre et trafic de drogue. Il leur explique qu’en sortant de prison, il se sent encore pire, et n’a plus aucun complexe à tuer.
Nous revenons vers “Crackoland” et là, un homme et une femme dépenaillés nous interpellent, ils connaissent bien Sœur Maria-Ivania. Celle-ci leur demande : “Où sont vos enfants ?” Pendant qu’ils vont les chercher, elle m’explique que ce couple est dans la drogue jusqu’au cou et que leurs enfants y goûtent probablement aussi… Les voilà qui reviennent avec 5 bambins, dont le plus âgé doit avoir 8 ans au maximum. “Allons visiter votre maison !”
Nous gravissons les marches qui donnent accès à l’appartement où vit cette famille. En entrant dans ce logement de 3 pièces, je suis saisi par l’odeur : le sol est jonché de détritus, vêtements et restes de nourriture. Bien évidemment, la population correspondante est présente : nuage de mouches, cafards et rats qui se sont cachés en nous entendant arriver… Sœur Maria-Ivania me confiera que, lors de sa dernière visite, la situation était pire : excréments et vomissures participaient à cet amas d’ordures. Après quelques échanges sur l’éducation des enfants et la tenue de la maison, nous prions ensemble un Notre Père et je les bénis : que le Seigneur les protège dans ce contexte si violent. Sœur Maria-Ivania s’émerveille : « N’est-ce pas une belle famille ? Ils sont tous ensemble !”
Nous continuons notre chemin, et pour aller visiter la famille suivante, traversons la voie du chemin de fer, où traînent pas mal de personnes, toujours pour la même raison : la drogue. Les sœurs viennent souvent rencontrer ces gens, mais à partir de 16h, on leur demande de partir, car le lieu devient trop dangereux, même avec l’habit religieux de Mère Teresa…
Alors que notre visite s’achève, la sœur me confie :
“Padre, j’aime tant venir ici ! Un jour, j’ai croisé un enfant, environ 7 ans, qui avait encore de la cocaïne dans la narine. Je lui demande :

– Pourquoi ne vas-tu pas à l’école ?

– Ma sœur, je ne sais pas. Il n’y a que Dieu qui sait pourquoi je ne vais pas à l’école, et pourquoi je souffre tant.”

Et la sœur de conclure : “Padre, ici c’est tellement pauvre qu’il n’y a plus que Dieu seul.”
Je repasse par le presbytère, prendre une bonne douche, avant d’aller recevoir les confessions à l’église et confier toutes ces personnes au Seigneur dans la célébration de l’Eucharistie.
Padre Thomas

Nouvelles de septembre !

 

Chers Amis des Alagados,

Après quelques jours de retraite au Foyer de Charité de Rio de Janeiro, je profite du cadre vert et calme de ce lieu pour vous donner quelques nouvelles en vidéo des mois de juillet et août.

Vivons la mission ensemble !

P. Thomas

Votre soutien porte du fruit !

 

Chers amis,

MERCI de votre soutien, depuis près d’une année !

Grâce à vous, nous avons pu financer une large partie du budget de Procapaz, l’œuvre de formation professionnelle assumée par la paroisse. Des femmes, principalement, pourront trouver un travail grâce à vous cette année.

Nous avons également réparé les toitures latérales de notre église. Grâce à vous, les infiltrations vont cesser et l’avenir de notre église est assuré !

Nous avons acheté quelques éléments de sonorisation, qui me permettront de mieux faire entendre mes progrès en portugais pendant les messes 😉

Bel été à vous tous !

Padre Thomas

Petit coucou en passant

Bonjour à tous !

Je traîne à vous écrire, mais ne vous oublie pas… Bientôt je vous donnerai davantage de nouvelles, et en attendant je vous partage cette petite vue du ciel sur la paroisse des Alagados !

Merci à Marc Déclais pour l’exercice !

A très bientôt

Padre Thomas

Ecole de prière pour le Carême

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Me revoilà déjà !

Pendant le Carême, avec le conseil paroissial, nous avons décidé de faire une petite école de prière. Chaque homélie dominicale comporte un petit enseignement en ce sens, et avec les jeunes du service com’ de la paroisse, nous avons fait des vidéos-résumés de ces homélies.

Histoire de compenser les deux mois de silence, et afin de répondre à la demande de quelques-uns, j’ai sous-titré ces petites vidéos pour vous 🙂

Vous trouverez les premières ci-dessous

Bon Carême à tous !

P. Thomas

Les visites à domicile aux Alagados

Bonjour à tous !

Petit partage de Carême, réalisé suite à la demande de la paroisse Sainte Madeleine, qui a décidé de soutenir la mission aux Alagados cette année.

Ça peut donner des bonnes idées (la vidéo, et la démarche de Sainte Madeleine aussi 😉 )

Bonne route vers Pâques

P. Thomas

En route vers Pâques

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Chers amis,

La semaine dernière, tout le Brésil fêtait le carnaval. Ici, ça dure une semaine entière !
Bonne occasion de se demander pourquoi on fait la fête… Est-ce simplement pour « en profiter », parce qu’après c’est le Carême, et là ça ne rigole plus…? Dans ce cas, la fête est vide, elle n’a pas de sens, pas de raison d’être.

Il existe une autre manière de faire la fête : se réjouir à cause d’une bonne nouvelle, à l’occasion d’un événement heureux, d’une naissance, d’un mariage, d’un anniversaire…

Le carnaval a une raison d’être : il nous annonce l’arrivée prochaine de la fête de Pâques ! Nous nous réjouissons car bientôt nous allons célébrer notre salut. Nous entrons maintenant dans une autre étape de cette préparation. Le Carême ne vient pas obscurcir la joie manifestée au carnaval, mais nous aide à approfondir cette joie, à conformer toute notre vie à cette joie.

Qu’il est beau de vivre cette préparation tous ensemble, à travers la planète…
Bon Carême à tous !

Pe. Thomas